Thierry Benoit a participé, mardi dernier, à un débat consacré au développement des transports ferroviaires publics comme réponse aux besoins des populations et des territoires en matière de lutte contre les gaz à effet de serre. A la tribune de l’hémicycle, le député de Fougères a livré pendant une dizaine de minutes sa perception de la question et félicité le Ministre Dominique Bussereau de son investissement personnel :
Aujourd’hui, l’augmentation des déplacements et la prépondérance du mode routier exercent des pressions croissantes sur l’environnement. Je pense notamment à la consommation accrue d’énergie, aux rejets de gaz à effet de serre contribuant aux changements climatiques, à la pollution de l’air, aux nuisances sonores ou à la fragmentation des paysages et des espaces naturels par les infrastructures.
Notre débat soulève une question qui se pose dans toutes les régions françaises, car il existe de forts besoins de mobilité dans l’ensemble du pays. Tout d’abord en termes de mobilité des personnes car, au sein des territoires, nous assistons à une extension des aires urbaines et à une diversification des lieux de vie et d’activité, tandis que nous constatons une intensification des déplacements.
Ensuite, en termes de mobilité des marchandises car les flux, déjà très importants, vont immanquablement s’accroître dans les années à venir avec la globalisation galopante de l’économie qui s’impose à tous.
Aussi, afin de garantir un développement plus vertueux de nos territoires, autrement dit leur développement durable, et afin de répondre aux besoins des Français, il convient d’assurer une mobilité harmonieuse pour les biens et les personnes.
Les tendances actuelles conduisent à envisager une poursuite de la croissance des déplacements de personnes et des trafics de marchandises. Si les progrès techniques et les efforts d’organisation des transports sont réels, force est de constater que la route reste, aujourd’hui encore, la réponse « naturelle » à l’augmentation des trafics.
Aussi pour le groupe Nouveau Centre et apparentés, il apparaît nécessaire à la fois de favoriser la maîtrise et la régulation des flux routiers, et de favoriser les modes de transports ayant le moins d’impact sur l’environnement. Or, à ce stade, le transport ferroviaire apparaît clairement comme une solution.
En effet, si nous ne nions pas les bénéfices du transport routier pour les personnes et les marchandises, ses limites sont perceptibles tant d’un point de vue économique que sur le plan environnemental : saturation des agglomérations et de leur périphérie, augmentation de la pollution de l’air, contribution à l’effet de serre, raréfaction de l’espace foncier disponible et, comme le montrent de nombreux exemples, difficultés de plus en plus grandes de la population à accepter l’installation de nouvelles infrastructures génératrices de nuisances.
Dans ce contexte, l’enjeu consiste à mettre en place un système de transports répondant aux réalités d’un développement économique globalisé et à une demande légitime de mobilité de la population, tout en prenant en compte la nécessaire limitation des impacts des transports sur l’environnement et les personnes.
Pour le groupe Nouveau Centre et apparentés, la mise en place d’un système de transports compétitif du point de vue économique, et plus respectueux de l’environnement, passe par la recherche d’une meilleure combinaison des modes de transports entre eux, et par des choix d’implantation des activités qui soient cohérents avec les réseaux existants.
Nous voyons le développement des transports ferroviaires comme une réponse à la demande croissante de déplacements interurbains, interrégionaux, et nationaux, avec le TGV. Opérons un tour d’horizon des mesures qui permettent de garantir une offre de transports publics ferroviaires plus performante.
Je pense d’abord à la mise en place de dessertes ferroviaires régionales cadencées. La cadence est aujourd’hui rendue possible et attractive grâce à des matériels plus modernes et plus performants. En effet, l’efficacité des dessertes régionales est conditionnée par la qualité des infrastructures qui constitue une garantie de fiabilité, de robustesse, et qui assure la vitesse commerciale.
Elle dépend aussi de son rapport avec les autres offres de transport, c’est-à-dire de l’articulation physique entre les différents modes de transports : services de rabattement par des autocars départementaux vers les gares, transport à la demande, compatibilité des grilles horaires, capacités de stationnement suffisantes pour les automobilistes et les cyclistes. Le choix du ferroviaire par les automobilistes peut en effet être favorisé par l’aménagement des aires de stationnement à proximité des gares.
Par ailleurs, la mise en place d’un titre de transport valable sur plusieurs réseaux, et d’une tarification adéquate constitue un autre moyen d’améliorer le service aux usagers. Je pense notamment à des situations que le monde rural connaît bien et à la difficulté des déplacements entre le domicile et le travail en termes d’interopérabilité entre les réseaux.
La mise en place d’une information multimodale peut aussi faciliter les déplacements occasionnels des habitants du monde rural en leur permettant de visualiser l’ensemble de leur chaîne de déplacements, quel que soit le mode de transport concerné.
Grâce aux lignes ferroviaires régulières et aux transports scolaires par la route, les transports départementaux sont ceux qui irriguent le plus finement le monde rural. Le groupe Nouveau Centre insiste pour qu’il ne soit pas oublié : il faut mettre en place des solutions innovantes afin d’articuler les réseaux entre des lignes express directes et cadencées, et une desserte fine du territoire.
La lisibilité du service du transport ferroviaire public pour l’usager doit être améliorée, tout comme la rapidité des dessertes sur les liaisons les plus fréquentées. Le groupe Nouveau Centre vise notamment le développement d’un système de transport ferroviaire public au service de l’attractivité des territoires,… de l’ensemble des territoires.
Cette volonté s’inscrit véritablement dans les problématiques du Grenelle de l’environnement et dans les problématiques de croissance économique des terroirs. Nous estimons qu’il faut améliorer le transport collectif notamment ferroviaire dans les zones rurales pour permettre l’accès des populations aux services et aux équipements.
La question de l’accessibilité est fondamentale. Je pense particulièrement aux jeunes qui habitent des régions rurales et qui étudient au chef-lieu régional, ou encore aux personnes âgées qui doivent se rendre pour une consultation médicale à l’hôpital départemental. La proximité d’un équipement et le temps nécessaire pour y accéder sont déterminants pour l’attractivité de nos territoires, et donc pour le maintien de la population dans ces espaces.
J’en veux pour preuve la fermeture, il y a quarante ans, de la ligne ferroviaire menant à Fougères, sous-préfecture d’Ille-et-Vilaine, dont l’aire urbaine représente plus de 40 000 habitants : elle prive cette population et explique aujourd’hui le manque d’attractivité de ce territoire.
Monsieur le Secrétaire d’État, l’ouverture à la concurrence du ferroviaire, le renforcement du partenariat public privé, l’urgence écologique et la raréfaction des énergies fossiles nous engagent à porter un regard très attentif vers des modes de transports alternatifs, au rang desquels on compte, évidemment le ferroviaire.
Les Assises des territoires ruraux, impulsées par le Président de la République et le ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, Michel Mercier, ont montré la nécessité de trouver une solution durable au financement des grandes lignes ferroviaires d’aménagement du territoire.
Alors que le Président de la République vient officiellement de conclure ces Assises des territoires ruraux, pouvez-vous nous préciser les propositions avancées concernant la corrélation entre le développement des transports ferroviaires et l’aménagement du territoire ?
Monsieur le Secrétaire d’État, je sais votre formidable implication sur ces sujets et votre réelle connaissance des dossiers ; je compte sur vous pour poursuivre votre action dans l’intérêt de tous ».