Depuis des semaines la presse spécule sur les têtes de liste susceptibles de participer aux prochaines élections régionales en Bretagne. Les déclarations de candidature, petites phrases assassines et soutiens plus ou moins spontanés ne doivent masquer le vrai enjeu de ces élections pour notre région. Quel avenir voulons-nous dessiner pour la première région agricole de France en proie à une sévère crise économique ?
Le taux de chômage de la région est le plus important depuis dix ans, malgré la mobilisation de l’Etat et le déblocage de 30 millions d’euros par le Conseil régional de Bretagne au cours de l’année écoulée. Ce constat doit amener chacune des listes en lice au mois de mars 2010 à se prononcer sur un certain nombre de priorités. Le soutien de l’industrie bretonne est un sujet incontournable en raison du recul de ses emplois de 5,5 % depuis neuf ans et des vagues de licenciement qui toucheront jusqu’en 2010 les secteurs automobile, naval et électronique. Que dire de la pêche bretonne qui emploie aujourd’hui moins de 7000 marins après avoir remisé la moitié de ses navires en 20 ans ?
Le reclassement des travailleurs frappés par la crise ne peut se concevoir sans une amélioration de la formation professionnelle en milieu urbain comme rural. L’Etat ne peut être tenu pour responsable des carences actuelles du système, la région percevant près de 30 millions d’euros de recettes au titre du développement de l’apprentissage. Ces mesures devront être pensées à moyen terme dans le cadre d’une maîtrise des dépenses des collectivités territoriales, justifiée par l’ampleur de la dette publique.
Les centristes ont toujours considéré qu’il fallait réformer les modes de financement, qui font peser sur l’ensemble de la collectivité une charge trop lourde en grevant les initiatives privées et les possibilités locales. La liste la plus pertinente ne sera pas celle qui proposera le plus de projets aux électeurs, mais celle qui proposera de mieux dépenser les deniers publics. Elle devra réfléchir sur le rôle que les métropoles brestoise, rennaise et nantaise joueront dans la Bretagne à cinq départements qui pourrait voir le jour prochainement.
Cette réflexion devra intégrer les villes moyennes et les territoires ruraux, qui font la force de la Bretagne et qui méritent un soutien en termes de recherche et d’innovation. L’avenir de notre région implique de promouvoir les partenariats entre les pôles universitaires et de réduire dans les territoires ruraux la fracture numérique qui nuit au développement de nombreuses PME. Ces projets doivent être menés en concertation avec les départements existant dans le cadre de la réforme territoriale en cours. L’alliance centriste souhaite que ses candidats puissent défendre ces priorités devant les électeurs, au printemps prochain, et que le débat se porte enfin sur le terrain des idées.